Mon mari a hérité d'une jolie maison de maître qui a
appartenu à son grand’ père.
Il n’aurait donc, pour rien au monde, envisagé
habiter ailleurs que là, dans ce quartier huppé.
Il faut dire qu'elle a belle allure cette grande maison et je l’avoue, j'ai été emballée moi
aussi lorsque je l’ai vue après quelques travaux.
Une maison cossue, de grandes
pièces très ajourées, un parc arboré, que demander de mieux ?
Mais, j’ai
très vite déchanté…
L'environnement est triste à mourir…
J’ai été habituée aux
cris, au rires, aux conversations d’une fenêtre à l’autre… tout le monde se
tutoyait, se recevait, s’entr’aidait…
Tout était prétexte pour se rencontrer,
parler, partager des biscuits, boire un thé ou un café… bref , mon quartier
était convivial..
Ici, pas un bruit, rien !.. Juste un petit bonjour de
politesse entre voisines, quand, par hasard, on se rencontre. Si j’essaye d’engager
la conversation, elle est bien vite terminée…
Que des Q pincés vous dis-je..
Les haies sont taillées au cordeau derrière des murs assez hauts pour se parer
de la vue.
De grands portails et des fenêtres toujours fermées.
Chaque maison
semble avoir participé au concours : « Dis moi que je suis la plus
belle !"
Mais à quoi bon ce tape-à-l’œil si tout paraît inhabité dans cette rue sans âme. ?
De temps en temps une invitation qui semble n’avoir
été donnée que pour faire constater le confort, la beauté et le bon goût de la
propriété..
Heureusement mes amies
viennent me voir souvent dans ma prison dorée et nous reprenons nos vieilles habitudes
le temps de leur visite.