Longtemps je me suis couchée de bonne heure,
j’aimais
me coucher « comme les poules »
quand je voyais encore un peu de
lumière du jour filtrer à travers les persiennes.
J’aimais ce moment
privilégié au cours duquel je me
retrouvais face à moi-même,
pendant lequel je pouvais réfléchir, revivre la
journée passée ou refaire le fil de ma
vie
jusqu’au moment où le sommeil m’emmènerait vers d’autres lieux improbables.
Comme je n’ai pas l’esprit d’à-propos,
c’est là que me venaient, souvent,
les
réponses ou les attitudes que j’aurais dû avoir en certaines circonstances.
Je
me sermonnais alors ou me félicitais selon que j’appréciais ou pas mes
comportements. J’essayerai de faire
mieux la prochaine fois…
mais, immanquablement la fois suivante, à quelques
exceptions près, ce n’était pas mieux.
Au fil des années, mon sommeil est devenu plus
difficile
alors j’ai pris l’habitude de me coucher plus tard
pour tenter
d’éviter les réveils nocturnes
mais je regrette ce temps qui n’était rien qu’à
moi et qui reste dans mon souvenir.
A quoi bon regretter... la
vie n’est faite que de changement.
Ma mère me répétait souvent :
« Le
passé est passé, tu n’y peux plus rien,
il ne doit servir que de référence pour
les expériences à venir.
On fait ce que l’on peut suivant les acquis du moment,
en pleine conscience,
les expériences nous font évoluer et, même si l’on voit
les choses de façon différente,
il n’y a pas de place pour les regrets. »
Peut-être avait-elle un peu raison….

